Histoire érotique : le notaire avait gardé le meilleur pour la fin
Le notaire avait gardé le meilleur pour la fin
Maître Leroux sentait le café froid et le cuir de ses dossiers. Je l'avais remarqué dès notre première réunion, six mois plus tôt, quand il m'avait convoquée pour la succession de ma tante. Un homme de cinquante-deux ans, les tempes grisonnantes, les mains larges avec une petite cicatrice blanche au pouce gauche. Rien d'exceptionnel. Rien qui justifiait que je repense à lui sous ma douche le soir.
Et pourtant.
Ce soir-là, il était dix-neuf heures passées. Son assistante était partie depuis longtemps. Il m'avait appelée dans la journée : une signature urgente, le dernier document de la succession, une formalité qu'il fallait régler avant la clôture du dossier en fin de semaine. J'avais dit oui sans réfléchir, j'avais pris le métro depuis mon cabinet de kinésithérapie encore en tenue de travail, pantalon souple et veste, les cheveux tirés en chignon bas. Trente-huit ans, les pieds fatigués, pas du tout préparée à ce qui allait se passer.
La ville s'éteignait derrière les hautes fenêtres de son bureau. Il m'a ouvert lui-même. La cravate desserrée, le premier bouton de sa chemise défait. Un détail infime. Mais c'est ce détail-là que j'ai regardé une seconde de trop.
Ce qu'on ne signe pas dans un acte notarié
Le document était posé sur son bureau, entre nous. Il me l'a expliqué, je le signais, il contresignait. Nos mains se sont croisées sur le stylo. Ce n'était pas intentionnel. Ou peut-être que si, légèrement, mais ni lui ni moi n'aurions pu le jurer.
Il a souri. Pas le sourire professionnel que je connaissais depuis six mois. Quelque chose de plus lent, qui partait du coin des yeux d'abord.
- Vous avez l'air épuisée, Camille.
Mon prénom dans sa bouche. Il ne l'avait jamais utilisé ainsi, seul, sans le "madame" devant. Quelque chose a bougé dans ma poitrine, juste sous le sternum.
- Longue journée, j'ai dit. Comme tous les jours.
Il a posé le stylo. Il ne l'a pas déposé, il l'a vraiment posé, comme on pose quelque chose qu'on ne reprendra pas de sitôt. Il a contourné le bureau. Pas rapidement, pas avec une assurance de film. Il a presque hésité, et c'est cette hésitation qui m'a retenue là, debout, à ne pas reculer.
Sa main s'est levée vers mon visage. Elle s'est arrêtée à mi-chemin.
- Je peux ?
Deux syllabes. J'aurais pu rire. J'aurais pu partir. Je n'ai fait ni l'un ni l'autre. J'ai hoché la tête, à peine, et ses doigts ont effleuré ma joue, puis sont remontés vers une mèche qui s'était échappée du chignon. Il l'a repoussée derrière mon oreille avec une lenteur qui m'a brûlé la gorge.
L'odeur du cuir des dossiers était partout dans cette pièce. Cette odeur-là, je savais que je ne l'oublierais pas.
Quand il m'a embrassée, c'était maladroit une demi-seconde : nos nez se sont presque heurtés, il a ri doucement contre mes lèvres, j'ai ri aussi, et cette fraction de seconde ridicule a cassé toute la tension du monde pour la remplacer par quelque chose de plus chaud, de plus réel. Puis sa bouche a trouvé la mienne vraiment, et ce n'était plus maladroit du tout.
Les mains d'un homme qui signe des actes toute la journée
Il savait ce qu'il faisait avec ses mains. Je ne m'y attendais pas. Je pensais aux notaires comme à des gens précis et froids, habitués aux documents, pas aux corps. Mais ses paumes étaient chaudes et fermes, et quand elles ont glissé sous ma veste pour l'écarter de mes épaules, j'ai senti chaque centimètre de contact sur mes bras.
Mon chignon a cédé au deuxième geste. Les épingles ont tintinabulé sur le parquet. Il a passé les doigts dans mes cheveux, il les a légèrement tirés en arrière pour incliner mon visage vers lui, et un son est sorti de ma gorge que je n'avais pas prévu d'émettre.
On s'est retrouvés contre le bureau. Il m'a assise sur le bord, entre les dossiers et la lampe de cuivre. Je sentais le bois poli sous mes cuisses à travers le tissu de mon pantalon. Il se tenait debout entre mes jambes, les mains sur mes hanches, et me regardait avec quelque chose dans les yeux que je n'avais vu que dans des romans que je lisais en cachette.
J'ai déboutonné sa chemise. Lentement, parce que mes doigts n'étaient pas tout à fait sûrs d'eux. Il laissait faire, le souffle juste un peu plus court. Sa poitrine était moins sportive que dans mes fantasmes vagues, un ventre légèrement rond, des poils gris qui descendaient en ligne sur l'abdomen. Réel. Terriblement réel. Et pour une raison que je n'aurais pas su expliquer, c'est exactement ça qui m'a rendue humide.
Il a glissé les mains dans mon pantalon sans brusquerie, juste avec une question posée dans le geste, et quand ses doigts ont trouvé ma chatte à travers le tissu de ma culotte, j'ai mordu ma lèvre pour ne pas gémir trop fort. Il a souri, les yeux sur mon visage, et il a appuyé juste là, exactement là, avec une précision qui ne devait rien au hasard.
- Tu es déjà mouillée, il a dit.
Pas pour me faire rougir. Pour me le confirmer à moi-même. J'ai répondu que oui, depuis un moment, et quelque chose dans son regard a changé.
Il a écarté la culotte sur le côté. Deux doigts sont entrés en moi lentement, très lentement, pendant que son pouce trouvait mon clitoris. J'ai failli tomber du bureau. Mes mains ont cherché ses épaules. Le cuir des dossiers empilés derrière moi, l'odeur de cette pièce fermée depuis des heures, la lampe de cuivre qui jetait une lumière chaude et basse sur tout ça. Je me suis laissée aller contre lui, sa bouche dans mon cou, ses doigts qui travaillaient en moi avec une régularité qui me rendait folle.
Il s'est agenouillé. Un notaire de cinquante-deux ans, en pantalon de costume, à genoux sur le parquet de son propre bureau. J'aurais dû trouver ça absurde. Sa bouche a trouvé ma chatte et j'ai trouvé ça parfait.
Il léchait lentement, les mains à plat sur mes cuisses pour m'empêcher de refermer les jambes. Sa langue dessinait des cercles sur mon clitoris puis descendait plus bas, puis remontait, sans se presser, sans répondre à mes hanches qui commençaient à bouger toutes seules contre lui. J'avais agrippé ses cheveux. Je n'avais pas décidé de le faire, mes mains l'avaient fait d'elles-mêmes. Il a émis un son de gorge approbateur qui a vibré directement contre ma chair et j'ai gémit pour de vrai, dans le bureau silencieux, avec la ville éteinte derrière les vitres.
Je n'ai pas joui comme ça. Il s'est relevé avant. Comme s'il savait exactement jusqu'où m'amener sans franchir la ligne, et j'ai compris qu'il voulait que ce soit autrement.
Il a ouvert le tiroir de son bureau. J'ai cillé. Une boîte noire, petite, soignée. Il l'a ouverte et posée devant moi sans un mot.
Le Pretty Love plug anal Varian avec lumière LED noir était là, dans son écrin, avec ses petits éclats lumineux qui miroitaient dans la pénombre dorée de la lampe. 41,99 euros de silicone et de lumière froide au milieu des actes de succession.
Il m'a regardée. Je l'ai regardé.
- Depuis combien de temps tu l'as dans ce tiroir ? j'ai demandé.
- Depuis la troisième réunion.
La troisième réunion. Il y a quatre mois. J'ai pris le plug dans mes mains. Je l'ai retourné, j'ai senti le silicone soyeux, frais sous mes doigts. Il a sorti du lubrifiant, il a attendu que ce soit moi qui décide.
Je me suis retournée contre le bureau, les avant-bras à plat sur le bois, le pantalon à mi-cuisses. L'odeur du cuir et du papier vieux. Ce détail sensoriel qui allait maintenant être lié à ça pour toujours.
Il a été lent. Très lent. Sa main dans mon dos, sa voix basse qui me demandait si ça allait, et oui, ça allait, au-delà de ce que j'aurais su dire. La pression douce du plug qui s'ouvrait en moi par degrés, et quand la base lumineuse a clignoté doucement dans le noir, j'ai enfoncé mon visage dans mes bras et j'ai ri, je ne sais pas pourquoi, un rire court et surpris, et lui aussi a ri, les mains sur mes hanches.
Puis il a pris un préservatif dans la même chemise de bureau où vivent les stylos, et sa bite a glissé en moi par-derrière, dans ma chatte cette fois, et la double sensation m'a coupé le souffle net.
Il baisait lentement d'abord. Profond. Régulier. Ses mains à mes hanches qui tenaient sans brutalité, avec une autorité tranquille qui n'avait rien à voir avec les réunions de succession. Le plug vibrait en sourdine. Je mouillais. Je sentais tout, le bureau sous mes paumes, la chaleur de son ventre contre mes fesses, l'odeur de cuir partout, et sa respiration qui devenait moins contrôlée.
C'est là que tout a accéléré. Ses coups de hanches plus forts, plus directs. Le plateau du bureau qui raclait légèrement sur le parquet. Ma propre voix que je ne reconnaissais plus. Je jouissais longtemps, par vagues, le visage enfoui dans mes bras croisés, les cuisses qui tremblaient. Lui quelques secondes après, un grognement étouffé, les mains qui agrippaient ma taille à me laisser des marques demain.
Puis le silence. L'odeur du cuir vieux et de nos deux souffles. Sa main a effleuré mon dos une dernière fois, doucement, comme on referme un dossier qu'on a traité avec soin.
Deux semaines plus tard, j'ai commandé le Pretty Love Duden vibrateur rechargeable 12 modes de vibration pour 46,99 euros. Je l'utilise le soir, seule, dans mon appartement. Chaque fois, je ferme les yeux et je sens l'odeur du cuir des dossiers. Chaque fois, ça suffit à me faire jouir en moins de trois minutes. Je n'ai pas rappelé Maître Leroux. Certains actes n'ont pas besoin de suite pour être complets.



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