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Histoire érotique :Il était mon stagiaire il y a trois ans

Article: Histoire érotique :Il était mon stagiaire il y a trois ans

Écrit par : Élodie S. |

Histoire érotique :Il était mon stagiaire il y a trois ans

Il était mon stagiaire il y a trois ans, et ce soir j'ai tout oublié

Je m'appelle Laure. J'ai trente-neuf ans, je manage une équipe de sept personnes dans une boîte de communication à Lyon, et jusqu'à vendredi soir je pensais avoir une vie parfaitement rangée. Un appartement propre. Un ex qui m'appelle encore trop souvent. Une routine qui ressemble à de la sécurité si on ne la regarde pas trop près.

Nathan avait fait son stage chez nous il y a trois ans. Vingt-deux ans à l'époque, maladroit avec les tableurs Excel, brillant avec les mots. Il m'avait regardée comme si j'étais la personne la plus intéressante de la pièce chaque fois qu'il entrait dans mon bureau. Je l'avais trouvé attendrissant. Peut-être un peu plus que ça. Mais j'étais sa responsable, et je suis quelqu'un de raisonnable.

Il est revenu vendredi pour une réunion partenariat. Vingt-cinq ans maintenant. Costume gris, une barbe que je n'avais pas vue pousser. Il m'a serré la main et j'ai senti quelque chose se déplacer en moi, quelque chose que j'avais rangé soigneusement dans un tiroir fermé à clé.

On a fini la soirée au bar d'en bas avec deux collègues. Puis à deux. Puis seuls.

Ce que trois ans font à un homme

Il y avait quelque chose dans sa façon de tenir son verre, les épaules un peu trop larges pour sa chemise, les poignets qui dépassaient. Il avait grandi, pas seulement en taille. Il me regardait différemment, sans cette déférence légèrement craintive du stagiaire. Maintenant il regardait, point.

- Tu as changé de coiffure, a-t-il dit.

- Il y a un an. Tu as mis le temps.

Il a souri. Un sourire lent, qui commençait par les yeux.

Je me souviens du moment exact où ça a basculé. Pas les mots. Pas un geste. Juste l'angle de sa mâchoire dans la lumière du bar, et moi qui pensais : je n'ai pas envie d'être raisonnable ce soir. J'avais passé trois ans à ne pas penser à lui. Ce soir-là, le refoulement s'est fissuré comme du plâtre humide.

Quand le bar a fermé, on est sortis dans l'air froid de novembre. Il a mis les mains dans ses poches. Moi j'ai remonté mon col. On a marché deux rues sans se parler. Puis il s'est arrêté devant un immeuble.

- J'habite là. Si tu veux monter.

Pas une question. Pas exactement. Juste une porte ouverte.

Je suis montée.

Son appartement sentait le café froid et quelque chose de boisé, peut-être un savon, peut-être lui. Des livres empilés par terre, un canapé trop grand pour la pièce. La vraie vie d'un homme de vingt-cinq ans, pas une mise en scène. Ça m'a plu. L'imperfection m'a mise à l'aise, et l'aise m'a rendu le désir plus net.

Il n'a pas tout de suite cherché à m'embrasser. Il a fait du thé. J'ai trouvé ça drôle et touchant en même temps, cette politesse soudaine après l'invitation directe. On a parlé encore vingt minutes, assis sur le canapé trop grand, les genoux qui se frôlaient.

Puis il a posé sa tasse. Puis il a posé sa main sur ma joue. Doucement, comme si je pouvais encore partir.

Je n'avais aucune envie de partir.

Ce qu'on apprend à ne plus faire semblant

Il m'a embrassée lentement. Vraiment lentement, avec une patience que je n'attendais pas de quelqu'un de son âge. Je sentais la chaleur de sa paume contre mon visage, la légère rugosité de sa barbe naissante. Je pensais encore vaguement à ce que je faisais là, et puis j'ai arrêté de penser.

Ses mains ont trouvé la ceinture de mon manteau. Les miennes sont allées dans ses cheveux. Il y avait quelque chose d'urgent sous la lenteur, une pression contenue, comme de l'eau derrière un barrage. J'ai senti ça contre ma cuisse et j'ai su que la retenue avait une limite.

La chambre. Les lumières de la rue filtraient par les volets mal fermés, des barres orangées sur le mur blanc. Je me suis déshabillée moi-même, je n'ai pas attendu qu'il le fasse pour moi. J'avais enfilé ce soir-là un panty dentelle et résille noir ouvert à l'entrejambe, sept euros achetés par impulsion un mois plus tôt et jamais portés, rangés dans le tiroir avec le reste des choses que je gardais pour une occasion que je n'attendais plus vraiment. Ce soir était cette occasion.

Il s'est arrêté en me voyant. Pas longtemps. Juste assez pour que je sente son regard comme quelque chose de tangible, quelque chose qui parcourait le noir de la dentelle, la résille, l'entrejambe ouvert. Ses yeux sont remontés vers les miens.

- Laure.

Il n'a rien dit d'autre. Il n'avait pas besoin.

Il m'a allongée sur le lit. Je sentais les draps froids dans mon dos, son corps chaud au-dessus de moi, ce contraste simple qui rendait chaque millimètre de peau conscient d'elle-même. Il a pris le temps de poser sa bouche dans mon cou, juste là où le pouls bat trop vite. J'ai fermé les yeux.

Il m'a déshabillée le reste du chemin avec une attention que j'avais oubliée, le genre d'attention qu'on croit réservée aux débuts. Ses mains étaient grandes, un peu maladroites avec l'agrafe de mon soutien-gorge. Il a tiré d'un côté, puis de l'autre.

- Attends, l'autre sens.

Il a ri, un rire bas, embarrassé et vrai. J'ai ri aussi, et quelque chose s'est détendu entre nous, quelque chose qui n'avait pas encore cédé. La maladresse a rendu la suite plus honnête. Plus réelle.

Sa bouche s'est posée sur mon sein gauche. Puis il a glissé plus bas, le long de mon ventre, en suivant une ligne que personne ne m'avait tracée depuis trop longtemps. Je sentais sa barbe contre ma peau, cette friction légère et précise. Mes hanches ont bougé toutes seules. Il a souri contre ma chair et ça m'a presque fait crier avant même qu'il commence vraiment.

Quand il a mis sa bouche sur ma chatte, j'ai agrippé les draps. Il prenait son temps, fouillant du bout de la langue, apprenant par tâtonnements ce qui me faisait retenir le souffle et ce qui le relâchait d'un coup. Il n'était pas parfait, il cherchait, et chercher c'était déjà tellement bien. Je mouillais depuis longtemps, depuis le bar peut-être, depuis sa main sur ma joue.

J'ai posé ma main dans ses cheveux. Pas pour guider, juste pour tenir quelque chose.

Quand je l'ai tiré vers moi par les épaules, il a compris. Il s'est relevé, a attrapé un préservatif dans le tiroir de nuit. Je l'ai regardé faire. Ses avant-bras. La façon dont il respirait, un peu plus vite maintenant. Le désir rendait son visage différent, plus nu, moins policé.

Il est entré en moi lentement, les yeux dans les miens. J'ai senti chaque centimètre. Ma bouche s'est ouverte sans que j'aie rien à dire.

Ce qui a suivi n'était pas chorégraphié. C'était rugueux et chercheur et parfois de travers, une jambe qu'on repositionne, un angle qu'on ajuste. Sa bite en moi, profondément, et moi qui serrais les cuisses sans le vouloir. Il a accéléré progressivement, les mains à plat de chaque côté de ma tête, le souffle court et chaud contre mon visage. Je sentais l'odeur du café froid et de lui, ce mélange boisé et humain qui était devenu, dans le cours des trente dernières minutes, le parfum de quelque chose que je n'aurais pas su nommer deux heures plus tôt.

J'ai mis ma main entre nous, sur mon clitoris. Il m'a regardée faire sans ralentir. Je me suis touchée pendant qu'il me baisait et le mélange des deux m'a traversée comme du courant.

- Comme ça, j'ai soufflé. Ne t'arrête pas.

Il ne s'est pas arrêté.

Le plaisir montait par vagues courtes, chacune un peu plus haute. Je pensais à rien. Je pensais à l'odeur du café froid et à la barbe sur mon ventre et à ses hanches contre les miennes. J'ai joui en serrant les paupières, la tête rejetée en arrière, un son qui n'était pas prévu, pas contenu, juste arraché de quelque part de vrai.

Il a joui peu après, le visage dans mon cou, les deux mains crispées sur mes hanches, un gémissement retenu qui s'est échappé malgré tout.

On est restés immobiles un moment. Son poids sur moi. La lumière orangée des volets sur le mur.

L'odeur du café froid.

J'avais songé, en choisissant ma lingerie ce matin-là, que peut-être un soir comme ça existait encore. J'avais même regardé les nipples plaqués or 24 carats dans ma liste de favoris, ces disques précieux à 71,95 euros que je gardais pour quelqu'un qui regarderait assez longtemps pour les mériter. Je n'en avais pas mis ce soir. Mais j'y pensais maintenant, allongée dans le noir de sa chambre, et je me disais que ce n'était pas la dernière fois.

Il m'a demandé si je voulais rester.

J'ai regardé le plafond, les barres de lumière orange, ses livres empilés qu'on devinait depuis le lit.

Je suis restée.

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