Femme fontaine, squirting, éjaculation féminine : ce qu’on sait vraiment
En bref : « femme fontaine », « squirting » et « éjaculation féminine » désignent souvent deux phénomènes différents. L'éjaculation féminine au sens strict est une petite quantité de liquide blanchâtre produite par les glandes de Skene. Le squirting est l'émission d'un liquide clair et plus abondant, qui vient en grande partie de la vessie. Les deux sont normaux, aucun n'est un passage obligé, et ne pas les vivre ne dit rien de la qualité d'un orgasme.
Trois mots, deux phénomènes
Le vocabulaire entretient la confusion. « Femme fontaine » est l'expression populaire. Les chercheurs distinguent deux choses.
L'éjaculation féminine au sens strict : quelques millilitres au plus d'un liquide épais et blanchâtre, sécrété par les glandes de Skene, situées de part et d'autre de l'urètre. On les appelle parfois « prostate féminine », parce que leur sécrétion contient, comme celle de la prostate, de l'antigène prostatique spécifique (PSA).
Le squirting : un liquide clair, plus abondant, parfois expulsé en jet. C'est lui qu'on voit dans les films, et c'est lui que la plupart des gens appellent « être fontaine ».
Les deux peuvent arriver séparément, ensemble, ou jamais. Chez beaucoup de femmes, ils n'arrivent jamais, et c'est tout aussi normal.
D'où vient le liquide ? Ce que dit la recherche
La question « est-ce de l'urine ? » revient sans cesse, et la réponse honnête est : en grande partie, mais pas seulement.
L'étude la plus citée est celle de Samuel Salama et de ses collègues, publiée en 2015 dans le Journal of Sexual Medicine (« Nature and origin of “squirting” in female sexuality »). Sept femmes déclarant émettre de grandes quantités de liquide ont été suivies par échographie : leur vessie, vidée avant l'expérience, se remplissait pendant l'excitation puis était vide juste après l'émission. L'analyse du liquide montrait de l'urée et de la créatinine, comme dans l'urine, et chez la plupart d'entre elles un peu de PSA, signe d'une sécrétion des glandes de Skene mêlée au liquide.
Deux limites à garder en tête : sept participantes, c'est très peu, et la recherche sur le sujet reste maigre. Ce qu'on peut dire sans exagérer : le squirting implique la vessie, et le liquide n'est pas de l'urine « pure ». Le reste (pourquoi certaines femmes le vivent et d'autres non, ce qui le déclenche exactement) n'est pas établi.
Pour l'histoire : la zone qu'on appelle point G doit son nom au gynécologue Ernst Gräfenberg, qui décrivait en 1950 une zone sensible de la paroi vaginale antérieure et des émissions de liquide à l'orgasme. Le sujet a été popularisé dans les années 1980, notamment par les travaux de la chercheuse Beverly Whipple.
La vessie : vider ou pas avant ?
C'est le conseil le plus contradictoire qu'on trouve en ligne, y compris, jusqu'ici, sur notre propre site. Voici ce qu'on peut dire de façon cohérente avec l'étude ci-dessus.
Vider sa vessie avant n'empêche pas le squirting : dans l'étude de Salama, les participantes avaient uriné avant, et leur vessie s'est remplie pendant l'excitation. Le faire a surtout un intérêt pratique : quand l'envie d'uriner arrive pendant la stimulation, on sait qu'elle ne vient pas d'une vessie pleine, et c'est plus facile de se laisser aller sans crainte.
Cette sensation d'envie d'uriner pendant une stimulation de la paroi antérieure du vagin est fréquente. La zone est proche de l'urètre. Ce n'est ni un signe d'un problème, ni une garantie que quelque chose va se produire.
« Pourquoi ça ne m'arrive pas ? »
Parce que ce n'est pas universel, et qu'on ne sait pas vraiment pourquoi. L'anatomie varie d'une personne à l'autre, y compris la taille des glandes de Skene. La détente, le contexte, le type de stimulation jouent sans doute un rôle. Mais aucune donnée solide ne permet de dire qu'il suffirait d'une technique pour que toutes les femmes y arrivent.
Chez Oh My Gode, on pense que le squirting ne devrait pas être un objectif. Ce n'est ni un orgasme « supérieur », ni une preuve de plaisir. Les vidéos pornographiques en ont fait une performance, et une partie de ce qu'on y voit est mis en scène. Si un ou une partenaire en fait une attente, c'est la conversation qu'il faut avoir, pas la technique qu'il faut chercher.
Si tu as envie d'explorer, sans pression
Si la curiosité est là, voici ce qui aide le plus souvent, en sachant que rien ne garantit un résultat.
- Du temps et de l'excitation avant toute stimulation interne. La zone du point G devient plus sensible quand l'excitation est déjà montée.
- Une stimulation de la paroi antérieure du vagin, à quelques centimètres de l'entrée, avec des doigts ou un jouet incurvé (voir nos sextoys point G), souvent combinée à une stimulation du clitoris.
- Du lubrifiant, pour le confort (notre rayon lubrifiants).
- Une serviette ou une alèse sous soi. Pas parce qu'il y aurait quelque chose de honteux, mais parce que ne pas s'inquiéter des draps aide à lâcher prise.
- Des ongles courts et des mains propres si on utilise les doigts, et un jouet lavé avant et après.
Et si rien ne se passe, l'exploration n'a pas « échoué » : c'est le cas de la majorité des gens.
Quand en parler à un professionnel de santé
Une émission de liquide pendant l'orgasme n'est pas une maladie. En revanche, consulte un ou une médecin, un ou une gynécologue ou une sage-femme si tu as des fuites urinaires en dehors des rapports (en toussant, en riant, en faisant du sport), une douleur ou une brûlure en urinant, ou un liquide à l'odeur ou à la couleur inhabituelle. Ce sont d'autres sujets, et ils se soignent bien.
Questions fréquentes
Est-ce que toutes les femmes peuvent devenir fontaines ?
On n'en sait rien, et personne ne peut le promettre. Les études sont trop petites pour le dire.
Le liquide est-il de l'urine ?
Le liquide du squirting vient en grande partie de la vessie et contient des composants de l'urine, mélangés chez certaines femmes à une sécrétion des glandes de Skene (Salama et al., 2015). L'éjaculation féminine au sens strict est une autre sécrétion, en petite quantité.
Faut-il boire beaucoup avant ?
Rien ne montre que ça aide. Boire normalement suffit.
Un sextoy peut-il aider ?
Un jouet incurvé pour le point G permet une stimulation plus précise et moins fatigante que les doigts. Il ne « déclenche » rien à coup sûr.
Sources
- Salama S. et al. « Nature and origin of “squirting” in female sexuality ». Journal of Sexual Medicine, 2015.
- Gräfenberg E. « The role of urethra in female orgasm ». International Journal of Sexology, 1950.
Article mis à jour le 15 octobre 2026. Il remplace nos quatre anciens articles sur le sujet, qui se contredisaient sur certains points.



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