Histoire érotique :Mon chef de projet m'a convoquée un vendredi soir
Mon chef de projet m'a convoquée un vendredi soir après dix-neuf heures
Le message est arrivé à dix-huit heures quarante-deux. "Peux-tu rester un peu ? Dossier Marchand. Urgent." Trois mots de trop, comme toujours avec Étienne. J'ai regardé mon écran, j'ai regardé mon manteau posé sur ma chaise, et j'ai relu le message une deuxième fois comme si les mots allaient changer de sens.
Ils n'ont pas changé.
Je m'appelle Clara. Trente-sept ans, chef de projet adjointe dans une agence de com à Lyon, un appartement trop grand pour moi seule et un chat qui s'appelle Bisou par dérision. Ce vendredi-là, l'open space s'est vidé autour de moi en dix minutes. Les bruits de chaises, les derniers "bonne soirée", les lumières qui s'éteignent par zones. Et moi, assise devant mon ordinateur, à me demander pourquoi je n'étais pas partie avec les autres.
Étienne Marrel. Quarante-quatre ans, cheveux poivre et sel qu'il coupe trop court, une cicatrice fine sous le menton qu'il explique rarement. Trois ans que je travaille sous sa direction. Trois ans que je note exactement comment il pose sa main à plat sur un bureau quand il réfléchit, comment il garde le silence deux secondes de trop avant de répondre, comment il ne dit jamais vraiment ce qu'il veut.
Je savais ce que je faisais en restant. C'est pour ça que j'avais mis le panty dentelle et résille noir ouvert à l'entrejambe ce matin-là, sept euros sur le site Oh My Gode, commandé trois semaines plus tôt dans un moment de courage ou de folie. Posé sur moi toute la journée comme un secret. Comme une intention.
Il faisait encore chaud dehors. Dans les bureaux, l'air conditionné ronronnait faiblement. L'odeur du café froid et du parquet chauffé par le soleil de la journée. Cette odeur-là, je m'en souviens précisément.
Ce qui s'est passé quand les dernières lumières se sont éteintes
Il a émergé de son bureau vers dix-neuf heures vingt. Chemise à demi sortie du pantalon, manches retroussées jusqu'aux coudes. Il portait deux tasses de café qui n'étaient pas terribles, je le savais d'avance.
- Le dossier Marchand peut attendre, il a dit en posant la tasse devant moi. Je voulais juste pas partir sans te parler.
J'ai levé les yeux. Il me regardait avec cet air à lui, direct et légèrement fatiguant, comme s'il attendait que je dise quelque chose d'intelligent. J'ai pas dit quelque chose d'intelligent.
- Ça fait trois semaines que tu m'évites, j'ai dit.
Il a posé sa tasse. Il a tiré une chaise, il s'est assis à côté de moi plutôt qu'en face, ce détail m'a traversée comme une décharge. Ses avant-bras sur le bureau. La cicatrice sous le menton que je voyais de près pour la première fois depuis longtemps.
- C'est vrai, il a répondu.
Deux mots. Rien d'autre. Et dans cet open space vide, avec le ronronnement de la climatisation et les lumières automatiques qui attendaient le moindre mouvement pour rester allumées, quelque chose a basculé dans l'espace entre nous. Pas spectaculairement. Pas comme dans un film. Sa main a effleuré la mienne sur le bureau, juste l'intérieur de mon poignet, et ma gorge s'est serrée d'une façon qui n'avait rien à voir avec le dossier Marchand.
Je sentais la dentelle du panty contre ma peau. La résille légère, l'ouverture à l'entrejambe dont je connaissais l'existence depuis le matin. Mon corps savait exactement ce que mon cerveau refusait encore d'admettre.
Il s'est levé le premier. Il a marché vers son bureau. À mi-chemin, il s'est retourné.
- Tu viens ?
J'ai suivi. C'était aussi simple que ça, et aussi compliqué que tout ce qui précède.
Son bureau sentait le bois chaud et quelque chose de légèrement amer, une odeur d'homme occupé depuis trop longtemps dans une pièce fermée. Il a fermé les stores. Pas les lumières. Je me souviens de cette décision, la lumière qui restait, comme si on avait décidé ensemble de ne rien cacher.
Il m'a regardée longtemps debout devant lui. Trop longtemps. J'allais dire quelque chose de stupide pour briser le silence quand ses deux mains ont saisi mes hanches et il m'a fait pivoter, doucement mais décidément, face à son bureau.
Là il s'est raté. En voulant faire coulisser la fermeture de ma jupe, il a accroché le tissu, tiré dans le mauvais sens, et on a tous les deux entendu le zip résister. Il a marmonné un juron tout bas. J'ai ri, nerveusement, contre mon gré, et lui aussi a ri, ce petit rire bas et un peu surpris qui m'a plus émue que n'importe quelle déclaration. Ses doigts ont recommencé, plus lentement cette fois.
La fermeture a glissé.
Quand ma jupe est tombée sur le parquet et qu'il a vu le panty, dentelle noire et résille, ouvert entre mes cuisses, il n'a rien dit pendant deux secondes. Ses mains se sont immobilisées sur mes hanches. J'ai senti son souffle changer dans mon dos.
- Tu l'avais depuis ce matin, il a dit. C'était pas une question.
Non. C'était pas une question.
Ses lèvres ont trouvé ma nuque. Chaudes, sèches d'abord, puis humides quand il a ouvert la bouche contre ma peau. Ses mains remontaient le long de mes cuisses, lentes, délibérées, et quand ses doigts ont effleuré l'ouverture du panty j'ai eu un hoquet que j'aurais voulu retenir. Ma chatte était déjà mouillée. Il l'a senti immédiatement, le salaud, et ses doigts se sont arrêtés là, juste là, sans bouger.
- Étienne.
- Quoi.
Je n'ai pas répondu parce qu'il savait quoi. Il a glissé deux doigts en moi lentement et j'ai dû poser les mains sur son bureau pour ne pas m'effondrer. Le bord du bureau contre mes paumes, le parquet chaud sous mes pieds nus, et ses doigts qui exploraient l'intérieur de moi avec une précision qui m'a mise en colère tellement elle était efficace. Trois ans. Il avait attendu trois ans et maintenant il savait exactement quoi faire de ses doigts.
Il m'a retournée.
Nos bouches se sont trouvées maladroitement, nez contre nez une fraction de seconde, avant que le baiser se mette en place. Il embrassait fort, presque trop, et ses mains déboutonnaient ma blouse avec moins de patience que prévu pour un homme qui avait attendu trois ans. J'ai senti la dentelle de mon soutien-gorge contre ses paumes quand il a déboutonné le dernier bouton.
Et là. Il a reculé d'un pas.
Dans la lumière de son bureau, j'avais les seins couverts de cache-tétons dorés. Les nipples plaqués or 24 carats de Mapalé, soixante-douze euros de folie commandée le même soir que le panty, collés sur ma peau depuis le matin, dorés et absurdes et parfaitement en place. Je les avais oubliés. Lui non.
Il m'a regardée comme on regarde quelque chose qu'on ne s'attendait pas à trouver et qui vaut le détour. Un long regard. Puis ses pouces ont effleuré les bords dorés, tout doucement, et j'ai fermé les yeux parce que la sensation à travers le métal plaqué or était quelque chose entre le rien et tout.
- Tu te foutais de moi ou tu me voulais vraiment, il a murmuré.
- Les deux, j'ai dit.
Il a souri. Je l'ai vu sourire vraiment pour la première fois depuis des mois et ça m'a fait plus d'effet que tout le reste. Puis il m'a assise sur le bord du bureau, il s'est mis à genoux, et sa bouche a trouvé ma chatte à travers l'ouverture du panty. Sa langue chaude directement sur moi, sans préambule, et j'ai empoigné le bord du bureau et j'ai regardé le plafond de son bureau que je connaissais depuis trois ans dans un état que je connaissais pas du tout.
Il me léchait lentement, méthodiquement, avec une attention qui ressemblait à de la vengeance. La clim ronronnait. L'odeur du parquet chaud, sa bouche sur moi, mes ongles dans le bois du bureau. J'ai joui une première fois debout, les cuisses serrées contre ses oreilles, en essayant de ne pas faire de bruit et en faisant quand même du bruit.
Après il s'est levé. Il a débouclé sa ceinture. Je l'ai regardé faire les yeux mi-clos et encore tremblante et j'ai pensé qu'on était deux idiots d'avoir attendu aussi longtemps. Sa bite était bandée, épaisse, et quand il m'a pénétrée debout contre son bureau j'ai agrippé sa chemise froissée des deux mains et j'ai calqué mon souffle sur le sien, court et irrégulier.
Il baisait lentement d'abord. Profondément. Sa main gauche tenait ma cuisse relevée, sa main droite sur mes reins, et ses yeux ne me quittaient pas. Cette façon de me regarder baiser m'a rendue folle plus que les coups de reins. Je sentais le métal doré sur mes tétons contre le tissu de sa chemise à chaque mouvement. Je mouillais le bord de son bureau. Je m'en foutais complètement.
Le rythme a changé. Plus rapide. Plus brut. Ses doigts serraient ma cuisse assez fort pour laisser des traces et j'ai dit son prénom deux fois dans son cou, pas fort, juste pour entendre le son dedans, et il a répondu en agrippant mes cheveux par derrière et en m'embrassant dans le cou avec une force qui allait laisser une marque demain matin.
L'odeur du parquet chaud. Le ronronnement de la clim. Sa peau moite contre la mienne.
J'ai joui en me mordant la lèvre inférieure, les reins cambrant contre lui, et il a joui presque en même temps, le front posé contre ma tempe, en murmurant quelque chose que j'ai pas tout à fait entendu mais dont le ton était assez clair.
On est restés immobiles un moment, lui encore en moi, le bord du bureau dur sous mes cuisses, la lumière de son bureau exactement la même qu'avant. Le dossier Marchand sur l'écran derrière lui. La climatisation qui ronronnait.
Ensuite il a rit doucement et il a dit qu'il fallait qu'on parle du dossier Marchand.
J'ai dit non.
Je suis rentrée chez moi à vingt-deux heures avec une marque dans le cou et le goût de lui encore dans la bouche. Le chat s'appelait Bisou par dérision, mais ce soir-là, pour la première fois depuis longtemps, le mot ne me semblait plus drôle du tout.



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