Histoire érotique : le livreur, le café et le colis ouvert
La femme mariée et le livreur : ce mercredi où j'ai tout laissé entrer
Thomas est parti en déplacement lundi. Il rentre vendredi. Entre les deux, il y a trois jours que je gère seule les enfants, le travail à distance, les courses, le chien. Mercredi matin, j'avais mis les filles chez ma mère pour la journée. Pour une fois. Juste pour souffler.
Je ne m'attendais à rien. C'est ça, le problème avec ce genre de journée.
J'avais commandé un colis la semaine d'avant, une de ces commandes un peu secrètes qu'on passe à 23h quand le mari dort. Un panty dentelle et résille noir ouvert à l'entrejambe que j'avais hésité deux fois avant de valider. Sept euros. Un geste ridicule pour quelqu'un qui n'avait plus vraiment de vie sexuelle depuis des mois. Mais j'avais besoin de quelque chose qui soit pour moi, pas pour lui.
La livraison était prévue entre 10h et 14h. Je m'étais levée tôt, j'avais fait du café, j'avais enfilé un vieux jean et un t-shirt propre. Rien de spécial. J'avais même oublié que le colis arrivait.
À 11h12, la sonnette.
Il s'appelait Mehdi. Grand, un peu voûté des épaules comme les hommes qui ont trop longtemps porté des charges lourdes, les yeux fatigués mais attentifs. La trentaine avancée, les mains épaisses, un bleu de travail délavé. Pas le genre de type qu'on remarque dans la rue. Sauf qu'il y avait quelque chose dans sa façon de tenir le colis, les deux mains ouvertes, presque avec soin, et dans la façon dont il a levé les yeux vers moi sans sourire d'abord. Sans performer.
Il sentait la sueur propre, l'effort récent, quelque chose de chaud et de légèrement métallique. Une odeur d'homme vrai, pas d'eau de cologne.
J'ai signé. Il allait partir.
Et puis la batterie de son terminal a rendu l'âme. Il a lâché un juron à mi-voix, s'est excusé. J'aurais pu lui dire bonne journée et refermer la porte. À la place, j'ai reculé d'un pas.
- Vous pouvez charger ici si vous voulez, j'ai le câble.
Il a hésité. Deux secondes exactement. Puis il a dit oui.
Ce qui bascule quand on n'a plus rien à perdre pour une heure
Je l'ai fait rentrer dans la cuisine. Il s'est assis au bord de la chaise, droit, comme s'il ne voulait pas s'imposer. J'ai branché son terminal. Je lui ai proposé du café sans vraiment réfléchir, parce que c'est ce qu'on fait quand on a de la compagnie pour la première fois depuis trois jours. Il a accepté de la même façon, sans sourire ni cérimonie.
On a parlé pendant vingt minutes. Pas de grands sujets. Sa tournée, le quartier, la chaleur. Je lui ai dit que j'étais graphiste indépendante, que les enfants étaient chez leur grand-mère. Une information inutile que j'ai donnée sans raison apparente.
Il a regardé le colis sur la table, posé avec le logo discret d'Oh My Gode visible malgré l'emballage neutre. Il n'a rien dit. Mais quelque chose a changé dans l'air.
Je sentais la chaleur dans mes joues. Une chaleur que je n'avais pas ressentie depuis longtemps, une chaleur de gêne mais pas tout à fait, quelque chose de plus compliqué que ça. J'ai eu envie d'expliquer, de désamorcer. À la place, j'ai ouvert le colis devant lui. Je ne sais pas pourquoi. Une impulsion de défi ou d'honnêteté, les deux.
Le petit panty de dentelle noire est sorti de son sachet plastique. Léger comme rien, la résille fine, l'entrejambe ouvert. Je l'ai posé sur la table entre nous deux.
Il a regardé. Puis il m'a regardée moi. Pas avec un sourire de circonstance. Avec quelque chose de direct qui m'a fait descendre quelque chose de chaud dans le ventre.
- C'est pour ce soir ?
- Non, j'ai dit. Pour maintenant.
Je ne sais pas d'où ça venait. Je ne suis pas ce genre de femme. Ou peut-être que si, et que je ne l'avais jamais su parce que je n'avais jamais eu trois jours seule avec une maison vide et une envie qui s'était accumulée comme de la pression derrière une porte fermée.
Il s'est levé lentement. Il n'a pas dit un mot de plus. Il a posé une main sur ma hanche, une seule, et attendu que je ne recule pas.
Je n'ai pas reculé.
Sa bouche sur la mienne, d'abord lente, cherchant quelque chose. Il embrassait sans se presser, comme quelqu'un qui a le temps même quand il n'en a pas. Ses mains épaisses ont remonté sous mon t-shirt, trouvé la peau de mon dos, et j'ai senti l'odeur de sa sueur propre tout près, cette chaleur métallique et chaude qui m'avait frappée à la porte, et ça m'a fait quelque chose d'animal, quelque chose que je ne voulais pas analyser.
On s'est déplacés vers la chambre sans en parler.
Sur le lit, il a pris le panty de dentelle dans sa main, m'a regardée une seconde, et j'ai compris ce qu'il demandait. Je suis allée dans la salle de bain. Je l'ai enfilé. Il était exactement ce que j'avais imaginé à 23h derrière mon écran : rien et tout à la fois, la résille qui couvrait la hanche sans rien cacher, l'entrejambe ouvert sur mon sexe déjà mouillé.
Quand je suis revenue dans la chambre, il m'a regardée debout devant lui, assis au bord du lit, et j'ai vu quelque chose changer dans son visage. Pas de la performance. Quelque chose de vrai et de lourd.
- Viens là, il a dit doucement.
Il m'a attirée contre lui. Sa bouche a trouvé mon cou, puis ma clavicule, puis plus bas, et ses mains ont glissé sur mes hanches par-dessus la dentelle avec une patience que je n'avais pas depuis des années. Il a pris son temps. Vraiment pris son temps. Ses pouces ont suivi le contour de la résille sur ma cuisse, sont remontés lentement, ont effleuré l'ouverture de l'entrejambe sans entrer, juste effleurer, et je me suis mordu la lèvre pour ne pas faire de bruit trop tôt.
Ma chatte était trempée. Complètement. Une humidité que j'avais presque oublié produire.
Il a senti ça sous ses doigts. Un son bas a traversé sa gorge. Il m'a allongée sur le dos et s'est mis à genoux entre mes jambes, les bras de chaque côté de mes hanches, et il a regardé l'entrejambe ouvert du panty, ma chatte exposée à travers la dentelle, et le fait qu'il regarde comme ça, vraiment regarder, a failli me faire jouir sans qu'il me touche.
Là il y a eu le moment maladroit : en s'allongeant pour descendre sur moi, son coude a poussé le tube de lubrifiant que j'avais sorti du colis et oublié sur la table de nuit. Le petit flacon a roulé et est tombé par terre avec un bruit plastique. On a tous les deux regardé le sol. Et puis on a ri. Un vrai rire, court, celui qui détend et resserre en même temps. Il a récupéré le flacon, l'a posé sur le lit entre nous, et a repris là où il en était sans un mot de plus.
Sa bouche sur ma chatte. Lente d'abord, la langue qui trace le contour de la dentelle, qui suit le bord de l'ouverture avant d'entrer. Je me suis agrippée aux draps. Il suçait mon clitoris avec une précision qui m'a fait monter les hanches malgré moi, et je m'entendais gémir dans la chambre silencieuse de ma maison vide, un son que je n'entendais plus depuis des mois.
Il a utilisé le lubrifiant, juste un peu, ses doigts dedans moi pendant que sa bouche continuait. Deux doigts épais et lents qui cherchaient et trouvaient. J'avais les cuisses qui tremblaient. Je n'arrivais plus à me tenir droite.
Quand il a monté sur moi, sa bite déjà dure contre ma cuisse, j'ai glissé la main entre nous pour le tenir une seconde et j'ai senti son poids sur ma paume, chaud et dur et réel, et quelque chose dans ma poitrine s'est serré d'une façon que je ne voulais pas nommer.
Il a poussé doucement la première fois. Mes hanches se sont soulevées vers lui d'instinct. Il a souri contre mon épaule, pas de condescendance, quelque chose de presque tendre, et ça m'a perdue complètement.
Il baisait lentement, profondément, et entre chaque poussée il se retirait presque tout à fait avant de revenir, et je sentais chaque fois le froissement de la dentelle contre ma peau, la résille qui s'était froissée sur ma hanche, l'odeur de sa sueur propre qui était maintenant la mienne aussi, et c'est cette odeur qui est devenue le centre de tout, la chaleur métallique et vivante qui emplissait la chambre.
Il a acceléré. J'avais la tête renversée, les mains dans son dos, les ongles probablement trop forts mais il ne l'a pas dit. Il baisait fort maintenant, vraiment fort, et j'entendais le bruit de nos peaux et le bruit du lit et le bruit de ma propre voix que je ne contrôlais plus, et ça m'était complètement égal.
- Là, j'ai dit. Là, reste là.
Et il est resté là.
J'ai joui longuement, par vagues, la chatte qui se contractait autour de sa bite encore enfoncée en moi, le corps qui ne m'appartenait plus pendant dix secondes. Il a joui juste après, dans un son bref et grave qui m'a traversée jusqu'aux côtes.
On est restés immobiles. Son poids sur moi, son souffle dans mon cou. L'odeur métallique et chaude, partout maintenant, sur les draps, sur ma peau, dans mes cheveux. Je fixais le plafond et je pensais à rien. Juste cette chaleur-là, cette odeur-là, qui persistait comme quelque chose qu'on n'efface pas facilement.
Il est parti vingt minutes plus tard. Son terminal était rechargé. Il a dit merci pour le café avec un sérieux parfait, et j'ai failli rire encore mais je me suis retenue. La porte a cliqué derrière lui.
Je me suis recouchée avec le panty de dentelle encore sur les hanches, le lubrifiant naturel fruit de la passion sur la table de nuit, l'odeur de lui encore dans la chambre. Thomas rentre vendredi. Je ne saurai jamais si c'est une erreur. Ce que je sais, c'est que pendant deux heures ce mercredi-là, j'ai existé d'une façon dont je n'avais plus souvenir. Et que les nipples plaqués or 24 carats que j'ai commandés ce soir-là à 23h, ça aussi c'est pour maintenant.



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