Histoire érotique : 17h23, un verre d'eau, un inconnu
La femme mariée et le livreur : ce soir-là, j'avais commandé autre chose
Thomas est parti en déplacement le lundi matin, valise bouclée avant sept heures, bise rapide sur la joue. Trois jours seule dans cet appartement trop grand, avec mes dossiers, le silence et ce colis que j'attendais depuis une semaine. De la lingerie, commandée sur un coup de tête un jeudi soir après deux verres de vin rouge, parce que j'avais envie de me sentir désirable sans avoir à me justifier devant personne.
Je m'appelle Léa. Trente-deux ans, chef de projet dans une boîte de communication qui me mange la moitié de mes nuits. Corps ordinaire, hanches larges que j'assume depuis peu, seins un peu lourds que je cache sous des blazers la semaine. Cheveux châtains attachés en torsade parce que je n'ai pas eu le temps de les coiffer depuis mardi.
Ce mercredi-là, je travaillais en bas de ma robe courte de la veille, les jambes nues sur le canapé, ordinateur sur les genoux. Le soleil de fin d'après-midi chauffait le parquet. Je n'attendais rien de particulier. Juste le colis. Et peut-être un peu de moi-même.
La sonnette a retenti à 17h23.
Le livreur, le colis, et quelque chose que je n'aurais pas dû remarquer
Il s'appelait Karim. C'était marqué sur son badge orange, que j'ai lu parce que je ne savais pas où poser les yeux. Grand, épaules larges dans son uniforme de livreur froissé, une petite cicatrice fine au-dessus du sourcil droit. Pas beau comme dans les films. Mieux que ça. Réel. Il avait les mains d'un homme qui soulève des choses toute la journée, ongles propres mais paume calleuse quand il m'a tendu le terminal pour que je signe.
Notre contact a duré deux secondes.
Mais il a regardé ma robe. Pas de façon obscène. De façon précise. Et il a levé les yeux vers moi avec une expression que je ne saurais pas bien décrire, quelque chose entre la politesse et autre chose.
- Bonne soirée, il a dit.
Sa voix était basse. Pas de formule. Juste les deux mots, avec un léger accent du sud que je n'avais pas attendu.
J'aurais dû fermer la porte. J'aurais surtout dû ne pas dire ce que j'ai dit.
- Vous voulez un verre d'eau ? Il fait chaud.
Il a hésité. Vraiment hésité. J'ai vu le calcul dans son regard, la journée qui continuait, d'autres colis dans le camion garé en bas. Et puis quelque chose d'autre a gagné.
- Juste un verre, il a dit.
Il a posé son scanner sur le meuble de l'entrée. Il sentait la chaleur du dehors, une odeur légèrement animale et propre à la fois, quelque chose que j'ai respiré sans faire semblant de ne pas le faire. Ce parfum-là allait revenir. Je ne savais pas encore à quel moment.
Dans la cuisine, j'ai ouvert le frigo, sorti la carafe. Mes mains ne tremblaient pas. Mon ventre, si. Pas de peur. De quelque chose d'adjacent à la peur, mais en mieux.
Il a bu debout, tête légèrement renversée, pomme d'Adam qui bougeait. J'ai regardé sa gorge comme si c'était une chose normale à regarder.
Quand il a reposé le verre, il ne s'est pas dirigé vers la porte. Il s'est retourné vers moi. Et le centimètre d'espace qui restait entre nous a changé de nature.
- Vous êtes seule, il a constaté. Pas demandé.
- Ce soir, oui.
Il a posé sa main sur ma hanche. Juste là, sur le tissu de ma robe, avec une assurance tranquille qui m'a coupé le souffle. Pas une agression. Une question formulée avec la paume.
J'ai répondu en restant immobile.
Ce qui équivalait à oui.
Ce qui s'est passé ensuite dans mon appartement silencieux
Il m'a embrassée contre le plan de travail, et c'était un baiser lent, très lent, qui prenait son temps comme si personne n'attendait plus rien nulle part. Sa bouche était chaude. Sa main toujours sur ma hanche, l'autre dans mon cou, pouce contre ma mâchoire. Je sentais la chaleur de son corps traverser ma robe fine.
Mon ventre était liquide.
Il a glissé ses mains sous le tissu. Mes cuisses nues sous ses paumes calleuses. Cette sensation-là, rugueuse et douce à la fois, a déclenché quelque chose de net dans ma chatte, une chaleur humide que je n'avais pas anticipée si vite. Il a grommêlé quelque chose contre ma bouche quand il a réalisé que je ne portais rien sous la robe.
- Léa.
Juste mon prénom. Il l'avait lu sur le terminal de signature.
On a traversé le couloir maladroitement, lui qui marche en avant sans lâcher ma bouche, moi qui me cogne l'épaule dans le chambranle. On a ri tous les deux. Un rire bref, réel, qui a tout détendu sans rien refroidir. C'est ce moment-là qui m'a décidée définitivement. Les corps parfaits n'ont pas ce genre de rire.
Dans la chambre, il a pris le temps de me regarder debout devant lui. J'ai résisté à l'envie de croiser les bras sur mon ventre. Il ne regardait pas pour juger. Il regardait pour mémoriser.
J'avais ouvert le colis dans le couloir avant qu'il arrive. Le panty dentelle et résille noir ouvert à l'entrejambe que j'avais commandé était encore sur la console. Je l'ai attrapé sans réfléchir et je l'ai enfilé sous sa main qui guidait. Il a compris sans qu'on en parle. Ses doigts ont trouvé l'ouverture dans la dentelle, et j'ai senti l'air froid d'abord, puis ses doigts directement contre ma chatte mouillée.
J'ai posé ma main sur le mur pour ne pas tomber.
Il savait ce qu'il faisait. Deux doigts, lents, qui explorent avant d'entrer. Ma respiration s'est fracturée. Il regardait mon visage pendant qu'il le faisait, ce qui était insupportable et irrésistible à la même mesure.
J'avais aussi sorti les nipples plaqués or 24 carats du colis, commande impulsive du même soir. Il les a trouvés sur la table de nuit. Il m'a regardée, a levé un sourcil.
- Tu me les poses ?
Je ne sais pas pourquoi j'ai dit tu. Il a souri, un sourire asymétrique à cause de la cicatrice, et il a pris les cache-tétons entre ses doigts. Il les a posés avec une lenteur délibérée, les yeux sur moi pendant l'opération. Le métal froid contre mes mamelons durcis. La pression. Le contraste.
J'ai gémi pour la première fois.
Il m'a allongée sur le lit, s'est agenouillé entre mes jambes, et sa bouche a trouvé ma chatte à travers l'ouverture du panty. La dentelle contre ses lèvres, sa langue directe sur moi, mouvement circulaire et lent qui ne cherchait pas à aller vite. Je tendais les hanches vers lui malgré moi. Il maintenait mes cuisses écartées avec ses grandes mains, et cette contrainte douce me rendait folle.
Je mouillais dans sa bouche. Je l'entendais.
Il a pris le temps. Vraiment pris le temps. Et puis il s'est redressé, a sorti son téléphone de sa poche, l'a posé sur la table de nuit sans explication, et a retiré sa chemise d'uniforme. Torse large, une légère rondeur au ventre que j'ai trouvée belle sans chercher à l'analyser. Peau mate. Une petite chaîne en or très fine.
Sa bite était déjà dure quand il a défait le jean. Épaisse, courbée légèrement vers lui. Je la regardais et ma gorge s'est serrée de désir.
Je me suis assise au bord du lit et j'ai pris sa queue dans ma main d'abord, l'ai sentie pulser. Puis ma bouche. Il a posé sa main dans mes cheveux sans appuyer, juste posée, et il a murmuré quelque chose en arabe que je n'ai pas compris mais dont le son seul m'a fait mouiller davantage.
Quand il m'a pénétrée, il l'a fait lentement, les yeux dans les miens, et j'ai failli dire quelque chose que je n'aurais pas dû dire, quelque chose d'émotionnel et déplacé. Je l'ai ravalé. Il a commencé à bouger, et toute la pensée s'est dissoute.
J'avais aussi glissé sous l'oreiller le lubrifiant à base d'eau 100% naturel fruit de la passion, acheté en même temps que la lingerie parce que j'avais anticipé quelque chose, une soirée seule peut-être, ou quelque chose d'autre que je n'avais pas eu le courage de nommer. Il l'a trouvé quand il a voulu me retourner sur le ventre. Il a souri, en a versé un peu dans sa paume, et la chaleur de ses mains et le glissant du produit contre moi ont créé une sensation qui m'a fait mordre l'oreiller.
Les bas en vinyl noir métallisé que j'avais commandés en bonus étaient dans le colis aussi. Je les avais enfilés pendant qu'il était dans la salle de bain. Quand il est revenu et qu'il les a vus sur mes jambes, la façon dont son regard a changé m'a donné quelque chose d'insolent et de puissant que je ne connaissais pas bien.
Il m'a reprise par derrière, sa poitrine contre mon dos, sa main plate sur mon ventre pour me maintenir contre lui. Sa bite profonde, ses hanches qui frappaient les miennes, le son de nos peaux. J'avais le visage dans les draps et les mains agrippées à la tête de lit, et je criais doucement dans le tissu parce que les voisins.
Il a commencé à aller plus fort. Plus brusque. Et ce passage-là, quand un homme cesse de se contenir, quand le rythme devient celui du désir brut plutôt que de la politesse, c'est ce que je préfère. Cette violence douce qui dit que tu n'es plus un effort mais une nécessité.
Je jouissais avant d'avoir compris que ça arrivait. Long, soulevé, les jambes qui tremblent, le mot qu'il murmurait contre mon oreille que je n'ai pas retenu parce que je n'entendais plus rien.
L'après, bref et suffisant
Il s'est habillé dans le couloir. Je ne me suis pas levée. Je l'ai entendu prendre son scanner sur le meuble de l'entrée. La porte s'est refermée avec un claquement léger. Par la fenêtre ouverte, l'odeur du dehors était revenue, cette chaleur de bitume et de fin d'été qui sentait exactement comme lui, comme sa peau contre la mienne, comme quelque chose que je n'avais pas prévu et que je ne regretterais pas.
Je suis restée allongée dans le panty de dentelle noir et les bas en vinyl, les nipples dorés encore posés sur ma peau, à regarder le plafond. Thomas rentrait vendredi. La vie reprendrait son cours normal, ses habitudes, son silence prévisible. Mais ce soir, dans cet appartement silencieux que je connaissais trop bien, quelque chose avait changé de forme. Pas moi. Juste la certitude que je savais encore ce que je voulais quand je me permettais de le reconnaître.
Le colis ouvert était encore sur la console. L'ensemble 2 pièces soutien-gorge et culotte porte-jarretelles que j'avais commandé aussi, je le garderais pour vendredi. Ou peut-être pour moi seule. Je n'avais pas encore décidé.



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