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Histoire érotique :J'ai signé le contrat. Puis j'ai signé autre chose.

Article: Histoire érotique :J'ai signé le contrat. Puis j'ai signé autre chose.

Écrit par : Claire D. |

Histoire érotique :J'ai signé le contrat. Puis j'ai signé autre chose.

J'ai signé le contrat. Puis j'ai signé autre chose ce soir-là.

Notaire depuis onze ans. Je sais lire un document avant de parapher. Je sais peser les mots, mesurer les conséquences, ne jamais agir sous l'impulsion. Et pourtant, ce vendredi soir de mars, dans les locaux de la SCI Aubenas, j'ai signé deux choses. La première était un acte de vente. La seconde n'avait aucun nom légal, mais elle a laissé autant de traces.

Je m'appelle Claire. Quarante-deux ans. Un mètre soixante-deux, les hanches trop larges selon mes propres critères et franchement trop présentes selon le miroir de ma salle de bain, les cheveux châtains qu'on dirait permanentés alors que c'est juste l'humidité du couloir du palais de justice. Je rentre chez moi, d'habitude, à dix-neuf heures. Ce soir-là, il était vingt-deux heures passées quand j'ai refermé la porte de l'étude derrière moi. Signature tardive. Dossier compliqué. Et lui.

Thomas. Le mandataire de la partie adverse. Je l'avais croisé deux fois avant, des réunions rapides, des poignées de main, rien. Ce soir, on était seuls dans la salle de conférence depuis six heures, à démêler des clauses suspensives autour d'une assiette de sandwichs que la stagiaire avait commandés sans enthousiasme. Il devait avoir quarante-huit ans, peut-être cinquante. Le genre d'homme qui a les mains d'un charpentier et le costume d'un cadre, une combinaison qui ne colle pas et qui pourtant tient debout.

Ce qui m'a frappée d'abord, c'est sa façon de relier un stylo. Trois fois. Comme si chaque clic était une décision. Ça m'a rendue folle d'une façon que je ne m'explique pas.

Le point de bascule arrive toujours sans prévenir

On avait fini. Tout le monde était parti. La secrétaire, le géomètre, le client. Il restait lui et moi à remettre les documents dans l'ordre sur la table en noyer, et il y avait cette lumière d'appoint dans le coin, jaune et trop chaude pour une salle professionnelle, qui donnait à tout l'air d'une scène de film légèrement mal cadrée.

- Vous êtes toujours aussi efficace à cette heure-là ?, a-t-il dit sans lever les yeux de ses papiers.

Pas une question vraiment. Plutôt le genre de phrase qu'on dit pour ne pas se retrouver dans le silence.

- Non. D'habitude je fais des erreurs après vingt heures.

Il a souri. Juste un côté de la bouche. Une cicatrice fine courait depuis son menton vers sa mâchoire gauche, à peine visible. Je l'avais regardée trois fois depuis dix-sept heures en essayant de faire semblant de regarder ailleurs.

Il s'est levé pour aller chercher son manteau sur la chaise du fond et je l'ai regardé de dos, et c'est là que quelque chose s'est déréglé dans ma poitrine. Rien de logique. Juste la façon dont il portait ses épaules, légèrement asymétriques, l'épaule droite un peu plus haute. Ça m'a traversée. Une chaleur basse, immédiate, qui n'avait rien à faire là.

J'ai dit que j'allais chercher un dernier café dans la cuisine de l'étude avant de partir. Il a dit qu'il m'accompagnait. Et dans ce couloir étroit qui sent toujours un peu le papier chaud et l'encre de tampon, on s'est retrouvés côte à côte, trop près parce que le couloir est vraiment trop étroit, et quand il a tendu la main vers l'interrupteur, son avant-bras a effleuré mon épaule.

On s'est regardés une seconde de trop.

C'est moi qui ai fait le premier geste. Je voulais juste lui toucher le bras pour l'arrêter, mais mes doigts ont trouvé sa main et se sont refermés autour. Ce n'était pas un geste professionnel. On s'en est tous les deux rendu compte en même temps.

Ce qui s'est passé dans la salle de conférence après

On est retournés dans la grande salle, parce que la cuisine était trop petite et que quelque chose dans cette décision nous avait fait sourire tous les deux sans se regarder. J'avais oublié le café. Lui aussi apparemment.

La table en noyer, le tas de documents qu'on avait mis de côté, les tasses vides. Il a posé sa veste sur le dossier d'une chaise et s'est approché de moi lentement, et j'ai eu le temps de penser que c'était une très mauvaise idée, une idée absolument nulle sur le plan déontologique et probablement irréversible, et puis ses mains ont trouvé ma taille.

Ses paumes étaient chaudes à travers le tissu de mon chemisier. Larges. Fermes. Il sentait le café froid et quelque chose sous, une odeur de peau légèrement musquée que je n'ai pas su nommer mais que j'ai reconnue immédiatement comme quelque chose que j'avais envie de garder proche.

On s'est embrassés maladroitement la première fois. Nos dents se sont touchées. J'ai failli rire. Il a failli rire aussi. On a recommencé moins vite, et la deuxième fois c'était mieux, c'était même beaucoup mieux, sa bouche était sèche et chaude et il embrassait comme quelqu'un qui sait ce qu'il fait mais qui ne fait pas semblant de ne pas trouver ça important.

Mes mains ont trouvé sa chemise, les boutons du col, et j'ai commencé à déboutonner sans vraiment décider de le faire. Il m'a laissé faire. Il gardait les mains sur mes hanches et respirait lentement, trop lentement pour que ce soit naturel, comme s'il se contrôlait.

Je lui ai écarté la chemise et posé les mains à plat sur sa poitrine. Poil gris, peau chaude. Pas le corps d'un homme qui va à la salle de sport mais le corps d'un homme qui a vécu dedans depuis longtemps. Une cicatrice horizontale sous la cage thoracique. Je l'ai touchée du bout du pouce.

Il a expiré fort.

Il a défait les boutons de mon chemisier avec des doigts qui tremblaient légèrement sur le deuxième bouton, juste le deuxième, et ce tremblement m'a ouvert quelque chose dans le ventre. J'étais mouillée depuis le couloir, en réalité. Je l'avais su et j'avais décidé de ne pas y penser.

Il a repoussé le chemisier de mes épaules et regardé ce qu'il avait sous les yeux avec une attention qui m'a rendue à la fois très consciente de mon corps et pas du tout honte. Son regard s'est posé sur ma poitrine, sur mes hanches, est remonté vers mon visage.

- Tu es sûre ?, a-t-il dit.

J'ai répondu en défaisant moi-même la fermeture de ma jupe.

Il y avait quelques dossiers encore éparpillés sur la table en noyer. On les a poussés. Je me suis assise sur le bord de la table et il s'est mis entre mes jambes et on a continué là, à cette heure indécente, dans cette salle qui allait sentir le sexe et le café froid jusqu'au lundi matin.

Sa bouche sur mon cou d'abord, puis dans le creux de mon épaule, puis plus bas, et j'ai laissé aller ma tête en arrière et j'ai regardé le plafond blanc et le néon éteint au-dessus de nous. Il savait prendre son temps. Il a embrassé mes seins longuement, la langue lente autour de mes mamelons jusqu'à ce que je pose ma main dans ses cheveux pour accélérer quelque chose, n'importe quoi.

Quand sa main a glissé sous ma culotte, j'ai retenu mon souffle. Ses doigts ont trouvé ma chatte immédiatement, mouillée et chaude, et il a lâché un bruit sourd contre ma peau, quelque chose entre le soupir et la satisfaction, un bruit que je n'oublierai pas.

Il m'a baissé la culotte, lentement, ses doigts faisaient ce qu'ils avaient à faire et je serrais les cuisses autour de sa main et il ne se laissait pas presser. Je ne suis pas patiente, d'habitude. Ce soir-là, j'ai appris à l'être parce que ses doigts me travaillaient avec une précision qui effaçait toute autre pensée.

Quand il a finalement sorti sa bite, j'ai regardé. Belle. Épaisse, pas démesurément longue mais avec cette solidité qui promettait quelque chose de concret. Il a mis une capote dans une sorte de geste automatique, silencieux, et ça aussi c'était rassurant, cette façon de faire les choses sans en faire un drame.

Il m'a pénétrée lentement, les deux mains sur mes hanches, et je me suis accrochée au bord de la table en noyer. Le bois était lisse et chaud sous mes paumes. Il a d'abord bougé doucement, des mouvements amples, et j'ai entendu mes propres gémissements résonner dans cette salle beaucoup trop silencieuse.

Puis il a accéléré.

J'avais les fesses au bord de la table et il me baisait fort maintenant, ses hanches contre les miennes, et je n'essayais plus de contrôler les sons que je faisais. L'odeur de sa peau, cette odeur musquée que j'avais repérée dans le couloir, était partout maintenant, mélangée à la sueur et à quelque chose d'animal qu'on ne peut pas décrire sans en réduire la portée.

C'est là qu'il a failli renverser le reste de café froid avec son coude. On a tous les deux regardé la tasse, on a regardé le tapis, on a regardé nos corps encore emmêlés, et on a ri, un vrai rire court et stupide, avant qu'il reprenne le mouvement et que le rire se transforme en autre chose.

Sa main a trouvé mon clitoris et il a baisé et frotté en même temps et j'ai arrêté de penser à quoi que ce soit d'autre qu'à ça, cette pression, ce frottement, sa bite en moi, l'odeur de sa peau et le bois de la table sous mes doigts.

J'ai joui en serrant les cuisses autour de lui, en agrippant le bord de la table jusqu'à avoir les articulations blanches, et il a continué à bouger pendant que je tremblais, jusqu'à ce qu'il vienne à son tour avec un son bref et grave qui est resté dans la pièce après lui.

Après, on a remis nos vêtements en silence. Pas un silence gêné. Un silence de gens qui ont besoin d'une seconde. Il a ramassé sa veste. J'ai retrouvé mon sac. On s'est regardés dans cette lumière jaune trop chaude, et il y avait encore cette odeur de peau musquée et de café froid et de papier timbré autour de nous, et j'ai su que chaque fois que j'entrerais dans cette salle désormais je me souviendrais exactement de cette texture sous mes paumes.

Je ne savais pas encore qu'en rentrant chez moi, je commanderais le Pretty Love Skylar Vibrateur Stimulateur Violet à 61,99 euros, parce que j'avais encore chaud et que l'appartement était silencieux. Ni que le Pretty Love Vibrateur Lapin Rechargeable Olivia à 59,99 euros finirait dans le même panier, parce qu'une seule chose ne suffisait pas à remplir une nuit pareille. Je cliquais dans le noir, le téléphone posé sur la poitrine, encore un peu tremblante. Je n'avais aucun regret. Juste cette certitude tranquille que certains vendredis soir valent tous les autres jours de la semaine réunis.

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